Voici donc l’automne le plus doux depuis la nuit des temps, si on en croit les statisticiens de la Météo. En tous cas, c’est ce qu’en disent les journaux. Le soleil brille, les chats se dorent sur les balcons, les pharmaciens sont inquiets. Ils scrutent le ciel dans l’espoir de voir apparaître une nuée salvatrice. Sur le pas de la porte de leur officine, ils espèrent qu’un piéton sera fauché par une voiture, afin d’être quelque peu dédommagés.

Des bourgeons s’affolent au milieu des feuilles mortes ; le jardinier redoute le gel qui pourrait les faire souffrir. Il y tient, à ses bourgeons, les pouponne, les cajole, il ne veut pas qu’il leur arrive malheur.

Ce réchauffement a aussi des conséquences terribles, et ça ne date pas d'hier, car, on ne rigolait pas tous les jours à la fin du 19ème siècle, ainsi que le rappelait Albert Samain :

"Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets."

Mais désormais les choses ont évolué de façon bien plus défavorable : en effet, la bière belge ne peut plus fermenter comme on le voudrait, nous rappelle le Parisien. Pour un refroidissement optimal, il doit faire entre moins trois et huit degrés, nous explique le brasseur. Or, que ferait-on sans bière brassée dans ces conditions, je vous le demande ?

On voit par là l'urgence qu'il y avait à réunir la COP21 et je remercie du fond du coeur l'ensemble des participants à cet événement mondial, qui changera la face du monde, et permettra aux générations futures de continuer à voir le grain du renouveau nourrir le moût de la fermentation des jours meilleurs dans le respect des levures sauvages qui continueront d'apporter le plaisir toujours renouvelé de la bière salvatrice dont les qualités gustatives et désaltérantes seront le ciment de la prospérité de l'espèce humaine.